Les objectifs
Les objectifs de la journée étaient ambitieux : la 1ère Division devait s'emparer des villages de Vierville, St-Laurent et Colleville, couper la route nationale Bayeux-Isigny et sur l'ouest faire la jonction avec les Rangers montés à l'assaut de la Pointe du Hoc ; le 16ème Régiment devait partir en direction de Port-en-Bessin pour faire la jonction avec les troupes britanniques débarquées à Gold.
L'assaut
Dès le début de l'assaut à 6 heures 30, tout se passa fort mal. La mer était démontée et les tanks DD (Sherman amphibies) lâchés beaucoup trop loin de la plage coulèrent les uns après les autres. Sur 29 tanks DD lâchés, seuls 2 arrivèrent sur la plage.
De plus, à cause du mauvais temps, des forts courants et de la réaction allemande qui surpris tout le monde, la quasi totalité des effectifs de la première vague d'assaut fut débarquée en dehors des zones prévues. Tout le monde se retrouva échoué sur la plage, pêle-mêle, toutes unités confondues, ne cherchant qu'à se protéger du déluge de feu venant des points d'appuis allemands.
Enfin, le génie perdit également la majeure partie de son matériel qui lui était nécessaire pour faire des brèches dans les murs, les réseaux de barbellés. Les barges de débarquement furent coulées par l'artillerie allemande.
Rien ne va plus
Les renforts qui débarquaient sans cesse s'entassaient sur la bande de sable qui s'amenuisait au fur et à mesure que la marée montait. Cela conduisit à un incroyable capharnaüm d'hommes et de matériels, toujours dûment mitraillés et bombardés par les forces allemandes.
Au fur et à mesure du temps qui passait, les pertes devenaient de plus en plus lourdes. Les corps flottaient sur la mer et de nombreux GI's blessés se noyèrent, entraînés au fond par le poid de leur matériel.
Tout allait si mal que les soldats refusaient de suivre les ordres des officiers qui leur enjoignaient de partir à l'assaut ! Les hommes restaient réfugiés derrière les carcasses de véhicules détruits ou à l'abri derrière le mur longeant la plage.
A 8 heures 30, tout débarquement de renfort humain et matériel cessa. Le commandement hésita même à faire réembarquer les unités et diriger le gros de l'effort sur Utah Beach où les nouvelles étaient rassurantes.
La situation se rétabli
Néanmoins, devant le massacre, de petits groupes réagirent et partirent à l'assaut des premiers points d'appui. Ces pionniers entraînèrent de plus en plus de monde et petit à petit, les troupes attaquèrent les positions allemandes, aidées par les bombardement des destroyers dont certains raclèrent le fond à plusieurs reprises car ils tentaient de se rapprocher au maximum de la côte pour pouvoir soutenir au mieux les troupes débarquées.
Finalement, vers midi, les tirs des allemands commencèrent à diminuer au fur et à mesure que leurs positions étaient enlevées. Ainsi, une par une, les sorties de la plage furent ouvertes.
Le bilan de la journée
Le débarquement de renforts pu reprendre dès que la plage pu être organisée. A ce moment, les troupes d'assaut tenaient Vierville, St-Laurent et Colleville. Une mince bande de terrain était tenue, mais celle-ci était suffisante pour recevoir de nouveaux soldats et chars d'assauts. A la fin de la journée, 34'000 hommes avaient débarqué.
On était loin des objectifs initiaux. Aucune jonction n'avait pu être faite, ni avec les Rangers de la Pointe du Hoc, ni avec les britanniques de Gold. La route nationale n'avait pas pu être atteinte également
Néanmoins, les pertes infligées à la 352ème Division d'Infanterie allemande atteignaient 20%, soit 1'200 hommes hors de combat. Et celle-ci ne pouvait pas compter sur des renforts.